A New York, Thomas Colbert, magnat du commerce maritime, meurt en laissant dans ses papiers le récit d’une étrange aventure survenue soixante ans plus tôt : alors qu’il était matelot dans la marine française, on l’a payé pour entrer dans le lit d’une femme. Le prix de cette transaction insolite : trois couronnes d’or.
C’est cette confession que découvre Philippe Zafar, curateur aux documents privés, alors qu’il trie les affaires du défunt. A la demande de la veuve, il remonte la piste laissée par Colbert, afin de percer le mystère de cette nuit de 1949. Une enquête qui va le mener jusqu’à Bourg-Tapage, sous les tropiques, une ancienne colonie française imaginaire.
Que l’on se le dise, Pour trois couronnes n’est ni un roman d’aventures, ni un polar et, contrairement à ce que pourrait peut-être laisser penser le titre, se situe bien au vingt-et-unième siècle. Au-delà de l’enquête menée par Zafar sur la vie de Thomas Colbert, ce roman est une réflexion sur l’identité – celle du mort et de sa famille, mais aussi celle de Zafar, né de parents libanais et qui a grandi aux Etats-Unis. C’est aussi l’histoire d’une île – qui n’est pas sans évoquer Madagascar –, et d’un peuple qui a vécu sous le joug européen avant de gagner son indépendance et qui cherche à présent sa propre identité.
Pour trois couronnes est le roman d’un écrivain érudit, doué d’une écriture élégante et intemporelle. S’il n’est pas aussi étincelant que pouvait l’être Ce qu’il advint du sauvage blanc, le premier roman de l’auteur, il augure d’une carrière parmi les grands de la littérature française.
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