Accusé du meurtre de deux jeunes filles, Tobias Sartrorius a passé dix ans en prison, dix années pendant lesquelles il n’a eu de cesse de clamer son innocence. A sa libération, il décide de revenir à Altenhaim, le petit village où il a grandi et où se sont déroulés les crimes. Mais rien n’est plus comme avant. Les villageois le guettent d’un œil mauvais, ses parents ont divorcé, ses amis lui ont tourné le dos. Et dans cet huis clos provincial, les secrets n’ont pas fini de resurgir.
L’écriture de Nele Neuhaus est classique. Très classique. Que ceux qui veulent lire un polar inédit passent leur chemin. Blanche-Neige doit mourir joue en effet à fond les codes du thriller : le duo de flics (lui aristo, elle sortie du ruisseau – ce qui n’est pas sans rappeler la fine équipe des romans d’Elizabeth George), l’inspecteur rattrapé par ses déboires conjugaux, l’actrice qui joue trop bien son rôle. Efficace mais guère original, même si le suspens est là. On a par ailleurs du mal à s’y retrouver parmi les suspects, l’auteur rebondit d’un nom à un autre et le lecteur fait ce qu’il peut pour suivre le rythme. La relation Tobias-Amélie a de plus de quoi mettre mal à l’aise.
Enfin, on regrette une fin un peu trop longue, qui n’a plus grand chose à voir avec le reste du roman. L’auteur a tellement voulu créer la surprise dans le dénouement que le lecteur tombe carrément des nues. De nombreux pans de l’intrigue sont également occultés : quid de la relation Tobias / Nadia ? De la « société secrète » du village ? Les rebondissements n’en finissent plus. Nele Neuhaus aurait mieux fait de poser sa plume 50 pages plus tôt.
Lu dans le cadre du
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