Un auteur auréolé par un prix du premier roman, un livre qui a remporté le Prix Orange du livre en 2012, remis en main propre par Erik Orsenna, autant dire que l'on attendait beaucoup de la lecture de Belle Famille, deuxième roman du très jeune Arthur Dreyfus. Hélas!
L’auteur, qui s’est clairement inspiré du fait divers qui secoua le monde il y a cinq ans – même si la petite Maddie McCann a été remplacée par Madec et l’Espagne par l’Italie – se dédouane pourtant de la réalité et de la vérité (« toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être attribué qu’à ce que Louis Aragon dénomma les droits imprescriptibles de l’imagination », affirme-t-il dans son introduction). Dreyfus est assis entre deux chaises et, faute de pouvoir se décider, nous donne à lire un texte à la croisée du Monde et de Closer. Si le fait divers peut être une source d’inspiration pour la littérature, ici, le processus dérange. On se demande carrément si l’auteur n’a pas décidé de surfer sur l’affaire Maddie pour faire vendre.
La lecture, par ailleurs, est gênée par les mots en italique et en italien dont l’auteur raffole et dont on a du mal à saisir la signification et l’utilité. On le regrette car, passés ces défauts, l'écriture de Dreyfus est agréable. Malheureusement, la deuxième partie du roman est longue, l’écriture s’essouffle. Les personnages donnent lieu à des clichés maladroits : la mère dominante, l’enfant vilain-petit-canard-de-la-famille, le policier qui tombe amoureux.
La fin, surtout, laisse l'impression amère que Dreyfus a choisi la solution de facilité : soixante-treize ans après la mort de Freud, tout est encore de la faute de la mère.
Lu dans le cadre du
