Henry Skrimshander incarne le rêve américain; gamin du Dakota que rien ne destine à la gloire, sa vie bascule le jour où il est "découvert" par Mike Schwarz, capitaine et entraîneur de l'équipe de l'université de Westich. Grâce au talent incroyable d'Henry pour rattraper les balles perdues, l'équipe des Harponneurs, jusque-là lanterne rouge des tournois universitaires, s'impose rapidement sur le diamant. Mais il suffit d'une balle manquée pour que le destin des personnages prenne un nouveau tournant.
Avant d'être un roman sur le sport et l'amitié (masculine), L'Art du jeu est avant tout un roman sur le doute et la faillabilité, et sur cet instant fragile, au seuil de l'âge adulte, où les choix que l'on fait détermineront l'homme que l'on sera.
Le roman est davantage focalisé sur les personnages et leur psychologie que sur l'intrigue, plutôt simple. On regrette néanmoins quelques grosses ficelles d'écrivain dans la description des protagonistes et notamment une vision un peu simpliste des rapports père-fille et de l'homosexualité. La deuxième partie du roman - après l'accident - est un peu longue mais se laisse lire. L'hommage à John Irving et au grand roman américain est évident (il faudra relire Une prière pour Owen et son match de baseball décisif).
Au final, un bon roman, bien mené, des personnages attachants dans leurs doutes et leurs faiblesses. A lire, même pour ceux qui ne comprennent rien au home run et au double jeu.