Leymah Gbowee a dix-huit ans et s’apprête à entrer à l’université lorsque la guerre civile éclate au Libéria. Pendant les années qui vont suivre, les troupes de Charles Taylor vont massacrer des centaines de milliers de personnes, souvent pour le simple plaisir de tuer, mettre à sang le pays et ruiner les vies de toute une génération de Libériens mutilés, violés, tués, enrolés de force, affamés, réduits à l’exil.
D’abord abattu par ces années de drame, Leymah Gbowee va relever la tête et prendre son courage à demain pour faire le deuil de la vie dont elle rêvait, tourner la page sur les atrocités qu’elle a vécu et tendre la main aux autres, ces hommes, ces femmes, ces enfants, qui tentent de se reconstruire tant bien que mal. Elle va en particulier militer aux côtés des Libériennes, trop souvent reléguées au second plan car, elle en est convaincue, une paix durable passe par l’implication des femmes.
Au-delà de l’histoire d’un pays, c’est la vie d’une femme que l’on suit tout au long des pages de ce témoignage. Leymah Gbowee se livre sans fard et raconte son expérience de réfugiée, de femme battue, de (trop) jeune mère qui n’a rien d’autre pour se battre qu’une tête bien faite et une volonté de fer. Carol Mithers, qui se fait le porte-parole de cette voix de l’Afrique saisit parfaitement à la fois toute l’horreur et toute l’humanité de la vie de Leymah Gbowee. Résultat: un témoignage inestimable et un très beau texte.
Lu dans le cadre du
