1913 à Vienne, Lysander Rief, jeune comédien anglais vient suivre une cure de psychanalyse auprès du Docteur Bensimon, disciple de Freud, afin de soigner ses problèmes sexuels. Rapidement, il fait la rencontre d’Hettie Bull, elle-même patiente de Bensimon, et qui va s’avérer bien plus efficace dans sa guérison que le psychiatre. Mais ceci n’est que le début de l’histoire. A la suite de différents retournements de situation, Lysander se retrouve à jouer les espions, en Suisse puis en Angleterre, afin de découvrir un code secret qui permettrait de démasquer un traite qui se cache dans le gouvernement et fournit des informations à l’Allemagne.
Passons à la critique. Le personnage principal, Lysander Rief, n’est pas franchement crédible. Un peu acteur, un peu poète, espion à ses heures – alors qu’on se demande quelles qualités le désignent pour cet emploi, lui qui ne connaît rien aux intrigues politiques et que la guerre intéresse bien peu. Certes son expérience d’acteur lui a enseigné l’art du déguisement, mais visiblement il n’en a retiré aucun charisme. C’est également un personnage sentimental dont, justement, on ne comprend pas les sentiments : quid de son prétendu blocage psy ? quid de son absence de réaction lorsqu’on lui annonce que sa maîtresse l’accuse de viol.
D’autre part, le principe problème de L’attente de l’aube est que l’auteur n’a pas réussi à décider quel genre de roman il voulait écrire. Un roman d’espionnage ? Mais dans ce cas à quoi sert toute la première partie, qui se déroule à Vienne et nous parle d’amour et de psychanalyse, nous fait rencontrer Freud et nous raconte par le menu la vie dans cette ville à l’aube de la première guerre mondiale ? Un roman d’amour ? Pourtant Boyd a vite fait d’enterrer l’histoire d’amour principale du roman qui tenait la vedette dans la première partie. A vouloir courir plusieurs lièvres, l’auteur finit par n’en lever aucun et laisse son lecteur perplexe et frustré.
Boyd ouvre trop de pistes qu’il laisse inachevées : à quoi bon la psychanalyse de Rief, puisque son problème n’apporte rien à l’intrigue et n’est plus jamais évoqué par la suite ? A quoi bon le passage dans les tranchées de France, puisque cela ne fait pas avancer le texte d’un iota ? A quoi bon la relation avec Blanche, puisqu’elle n’a aucune consistance et aucun rôle dans l’histoire ? Finalement, L’attente de l’aube pourrait se définir ainsi : une histoire à culs de sac.
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