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Critiques de livres

Critiques de livres

Par Pauline-Gaïa Laburte


Bataille de chats – Eduardo Mendoza⎥ Note: 07/20

Publié par Pauline-Gaïa Laburte sur 2 Juillet 2013, 11:31am

Catégories : #Prix des lecteurs de Points, #policier, #roman etranger

Bataille de chats – Eduardo Mendoza⎥ Note: 07/20

Printemps 1936, l’historien d’art anglais Anthony Whitelands se rend à Madrid pour expertiser la collection de peintres espagnols du duc de la Igualada, qui envisage de s’en séparer pour payer le passage de sa famille à l’étranger. Le contexte politique de l’Espagne est en effet inquiétant pour la noblesse, avec la montée du fascisme et la prise de pouvoir croissante du Front populaire. A priori, la transaction n’a rien de compliqué : les tableaux du duc n’ont de grande valeur. Mais c’est sans compter sur l’apparition de la vraie pièce maîtresse de la collection – un Vélasquez non répertorié qui jette un nouveau jour sur la vie du peintre espagnol – et sur les véritables raisons qui poussent le duc à vouloir le vendre. Sans le vouloir, Whitelands va se retrouver au milieu d’un imbroglio diplomatique dont il va avoir du mal à se dépêtrer.

Avec Bataille de chats, l’intention de Mendoza était sans nul doute d’écrire un thriller politique. Malheureusement, l’impression générale est que l’écrivain n’est pas allé au bout de ses intentions : le soi-disant suspense autour de l’existence du Vélasquez inconnu tombe à plat ; quant au contexte historique, il n’apporte pas grand-chose à l’intrigue et le texte donne parfois trop dans l'Histoire au détriment de l'histoire.

Par ailleurs, le roman souffre de personnages un peu faibles. Anthony Whitelands, l’expert en art, est un idiot patenté et un pochard, avec un penchant marqué – et dérangeant pour le lecteur – pour les très jeunes filles. Comme le résume bien l’un des personnages : « Pour se mêler d’intrigues internationales, il faut être plus malin, plus circonspect et ne pas avoir un cœur d’artichaut ». Quant aux autres personnages, ils ne sont pas plus gâtés par Mendoza : le lecteur ne cesse de se demander quelles sont leurs motivations ; en effet, tous ont des secrets, aucun d’eux ne connaît l’Anglais depuis plus de cinq minutes, et tous lui font des confidences vitales, alors qu’il n’est de toute évidence pas un modèle de discrétion ni de loyauté. Cela rend malheureusement l’histoire et les relations entre les personnages improbables.

Autre pierre d’achoppement, et pas des moindres, le récit souffre d’un sentimentalisme exacerbé qui sied mal au genre. Les personnages changent de sentiments comme de chemise, et l’un d’eux en arrive même à donner son cœur à trois personnes différentes dans la même journée.

Laissons la conclusion à l’un des policiers de l’histoire : « C’est à ça que se réduit le grand mystère ? Un tableau de Vélasquez ? Quelle déception ! »

Lu dans le cadre du

Bataille de chats – Eduardo Mendoza⎥ Note: 07/20

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