La tranquillité des habitants de Lafferton est brusquement perturbée lorsqu’un criminel commence à s’en prendre aux prostituées de la ville. S’agit-il d’un tueur en série, ou d’une série de disparitions sans rapport les unes avec les autres ? Le commissariat de police local prend l’affaire en charge. L’intrigue se déroule avec pour décor la vie de la communauté de Lafferton et celle de la famille de l’inspecteur principal Simon Serrailler.
Certains policiers commencent tout en douceur pour finir dans un crescendo haletant qui fait frôler la crise d’apoplexie au lecteur. Ici, c’est tout l’inverse. Les premiers chapitres de Des ombres dans la rue sont pleines de belles promesses : une écriture élégante, qui n’est pas sans rappeler P.D. James ou Elizabeth George, des personnages travaillés. Mais…mais au bout de cent pages, toujours pas un mort ! A force d’accorder la parole à tous ses personnages – et ils sont nombreux – Susan Hill lasse le lecteur, qui aimerait bien que l’auteur en vienne au fait : l’intrigue ! Où sont les victimes, l’enquête, les interrogatoires, les suspects, les fausses pistes ? Bref, le suspense ?
Le rythme a beau s’accélérer dans les trente dernières pages, on n’est pas dupe de ce procédé assez grossier et artificiel, qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Le dénouement n’est pas surprenant, l’identité du meurtrier, évidente depuis plusieurs centaines de pages, alors que ses motivations restent peu claires.
Par ailleurs, l’enquêteur que la 4ème de couverture nous annonce comme un sauveur, l’inspecteur Simon Serrailler, manque de charisme et d’autorité. On comprend Ben Vanek, le jeune sergent qui a rejoint la brigade pour travailler avec Serrailler, à qui il voue un culte, et que la déception gagne au fil des pages, face à l’impuissance de son idole. Au final, la présence de Serrailler dans le roman est effacée. On irait jusqu’à dire que son personnage ne sert pas à grand-chose. D’ailleurs il ne joue aucun rôle dans l’arrestation du meurtrier puisque seule la chance permet de résoudre l’énigme.
Pour conclure, il n’y a rien de pire qu’un roman qui ne tient pas ses promesses. Et Des ombres dans la rue est de ceux-là. Dommage.
Lu dans le cadre du
