Penchons-nous aujourd’hui non sur l’un des bourgeons littéraires de cette année, mais sur un recueil de nouvelles qui ne date pas d’hier : 1878. Rappelez-vous – ou ouvrez votre livre d’Histoire pour les plus jeunes. 1978 : la dernière Coccinelle sort des usines Volkswagen, le Pape Paul VI et Claude François toquent à la porte de Saint Pierre, Les Bronzés, La Cage aux folles et Grease font un tabac dans les salles obscures. Et Stephen King publie Danse macabre. Celui qui deviendra le Roi de la science-fiction n’a pas encore publié ni Shining, ni Misery, ni Ça. Pour ceux qui l’ignorent, l’écrivain a d’abord fait ses armes comme novelliste avant de passer au (très) long format. Danse macabre réunit vingt de ses nouvelles, certaines déjà publiées dans des magazines, d’autres inédites. Certaines deviendront des romans : Une sale grippe sera Le Fléau et Celui qui garde le ver est une préquelle de Salem. Une plongée dans l’univers encore en gestation de l’auteur et qui laisse déjà éclater son talent pour notre donner la chair de poule !
Macabres, ces rats qui trottinent en couinant dans les sous-sols abandonnés d’une immense filature. Comment s’en débarrasser ? L’équipe de nettoyage a du pain sur la planche. Et ne peut encore imaginer l’horreur qui l’attend. Démoniaque, cette machine infernale dont les rouages ont une vie propre. L’engin happe les humains entre ses mâchoires d’acier et les plie en quatre comme un drap ! Diaboliques, ces êtres qui s’infiltrent par une brèche de l’univers. Fils du cosmos et d’une lune mauvaise, ils frappent sans scrupule ! Mais le pire n’est pas là. Le pire rampe dans les ténèbres. Aveugle, il végète depuis des années sous une église maudite. Dans l’attente d’une parole, d’un ordre de Celui qui le garde. Le Ver. Le Ver monstrueux ! Croque-mitaine ? Allons donc ! C’est bon pour les enfants de croire à ces fadaises ! Lester Billings, pourtant, a vu ses trois gamins assassinés par le monstre. Et il n’était pas fou, du moins le croyait-il. Mais le malheur vous tombe parfois dessus de manière plus inattendue. C’est en buvant de la bière avariée que Richie Grenadine s’est transformé en flaque de matière grise. Il arrive aussi que des objets familiers prennent le pouvoir ! Soldats de plomb ou poids lourds. Le résultat est le même. Jeu de massacre ! Et si le diable s’en même, c’est le grand frisson ! Dans la rue de Stratford, Jimmy peut toujours courir, il a la mort aux trousses. Chacune de ces nouvelles révèle la face cachée d’un monde, le nôtre, si proche et soudain si menaçant.
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22/11/1963, Stephen King