Béatrice est auxiliaire de puériculture. Elle rassure des jeunes mères, les accompagne dans leurs premiers pas, dans la rencontre avec leur enfant. Chaque jour, elle pousse les portes de ces chambres dans lesquelles les femmes se succèdent mais ne se ressemblent pas, chacune avec son histoire ses rêves, ses traumatismes. Ces portes poussées, se sont aussi des coins du voile de la vie passée de Béatrice qui se soulèvent peu à peu. Cette vie d’avant où elle était danseuse nue, éprise de musique, amoureuse, libre de son corps.
Dans Chambre 2, Julie Bonnie décrit avec sensibilité la maternité et le rapport sensuel et parfois torturé des femmes à leur propre corps. Elle tisse une toile où les différentes expériences s’entremêlent, se confondent les unes aux autres, s’appellent. Elle dépeint avec amour le petit théâtre de la vie de Béatrice, sa vie de bohème, son compagnon Gabor, leur ami Paolo, et les deux Pierre, amants dans la vie et travestis à la scène. On regrette un peu que si peu de place soit accordée à ces personnages secondaires qui auraient mérité une vie plus dense et plus intense. Quant à la chambre 2, celle du titre, elle n’a d’autre fonction que d’ouvrir et clore ce court roman, comme pour marquer la fin d’un cycle, mais sans réel intérêt romanesque.
Un premier roman à fleur de peau, couronné par le Prix du Roman Fnac 2013.
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