La vie rêvée d’Ernesto G. ne parle que très peu du dit Ernesto mais bien plutôt de Joseph Kaplan, fil et petit-fils de médecins juifs praguois, débarqué à Paris en 1936 pour achever ses études au service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat. C’est sa vie que l’on suit, sur fond de montée du fascisme en Europe: A Paris, puis à Alger, à l’Institut Pasteur – pris dans les tourmentes de la Seconde Guerre mondiale et de la chasse aux Juifs qui l’accompagne – dans la Tchécoslovaquie d’après-guerre, communiste et répressive, jusqu’aux années 80 et à la liberté revenue.
La vie rêvée d’Ernesto G. possède un véritable souffle romanesque. On pense, notamment dans la première moitié du roman, à l’œuvre d’A.J. Cronin, un mélange entre Les clés du royaume et Les années d’illusion, entre réalisme et critique sociale. Guenassia soigne les décors et les personnages secondaires. Un peu trop longuement parfois peut-être.
On regrette aussi un personnage principal – Joseph Kaplan – à personnalités multiples, changeant de caractère à chaque étape de sa vie : flambeur à Paris, quasi ermite à Alger, sans grand charisme à Prague. Finalement, on referme le livre sans véritablement savoir qui est Joseph Kaplan.