Aurora, Kentucky, 1938, Olivia Hacker est une femme rude, éprouvée par la vie, une femme des montagnes qui vit chichement dans l’épicerie familiale que lui a léguée son père. Sa vie se passe simplement, à élever son petit-fils William que sa fille lui a laissé sur les bras, et à entretenir une mère folle qui n’a jamais voulu d’elle. Mais si le livre de Carolyn D. Wall porte le nom d’une ville, ce n’est pas par hasard. Car le roman est aussi l’histoire d’une communauté, déchirée par la Dépression, le racisme, l’isolement, la violence.
Aurora, Kentucky est un grand roman du Sud planté dans le décor enneigé du Midwest, porté par une héroïne ordinaire, courageuse, battante et sans illusions. C’est un texte lumineux, dont le style, simple et sans fioritures correspond parfaitement à la personnalité de la narratrice et nous transmet les mille détails sans importance et pourtant attachants de la vie à Aurora. On sent à chaque page le profond amour que Carolyn D. Wall porte à ses personnages, avec leur imperfection et leur défaillances.
Aurora, Kentucky réussit à être à la fois un roman intimiste chargé d’émotions et une critique sociale sans concession. Seul reproche peut-être : l’irruption, dans le dernier tiers du roman, d’une intrigue qui accélère le rythme mais ne fait pas forcément sens avec le début du texte. Que cela ne vous empêche pas de le lire !