Après ses précédents succès, notamment La Tête en Friche et Bon rétablissement, tous deux portés à l’écran par Jean Becker, avec Gérard Depardieu et Gérard Lanvin dans les rôles titres, Marie-Sabine Roger revient avec un roman une nouvelle fois empli d’humour et de finesse. Car Trente-six chandelles est une jolie comédie sur la mort qui n’a rien de triste !
Mortimer Decime – un tel nom, ça ne s’invente pas – fête aujourd’hui ses trente six ans. Or une malédiction pèse sur sa famille : tous ses aïeux sans exception sont morts tragiquement le jour de leur trente-sixième anniversaire. Mortimer s’est donc préparé à sa fin. Il a quitté son travail, résilié son bail, vendu sa voiture et vidé son frigo. Il a enfilé son plus beau costume et ses chaussettes préférées à oursons jaunes et rouges et, allongé sur son lit, il attend onze heures, heure fatidique à laquelle la mort est censée venir frapper à sa porte. Onze heures sonnent et… rien. Mortimer est toujours bien vivant. Que faire alors, lorsque l’épée de Damoclès que l’on a trimballé au-dessus de sa tête depuis sa naissance ne frappe pas ? Peut-être, pour la première fois, apprendre à vivre et comprendre d’où l’on vient.
Pour Mortimer, c’est l’occasion de parcourir la malédiction de sa famille et son hérédité en sondant l’histoire de ses ascendants mâles dont le prénom commence toujours par « mor », de l’arrière-arrière-grand-père Morvan, noyé dans un bidet, au père, Maury, mort à cause d’un stupide ballon de baudruche. Mise en scène de petits récits loufoques et de rencontres avec des personnages hauts en couleur, dont Marie-Sabine Roger a le secret. Mortimer est accompagné dans ce voyage généalogique par ses amis Paquita (et son popotin moulé dans des tenues de call-girl) et Nassardine (et son infect kawa). Quarante ans d’amour que ces deux-là. L’amour, un grand sujet justement pour Mortimer, qui ne s’est jamais attaché, obnubilé qu’il était par sa mort. Et justement, voici que sa route croise celle de Jasmine, qui pleure dans la rue pour offrir un peu de bonheur aux passants.
Marie-Sabine Roger a l’art de nous faire pouffer de rire, et nous le prouve encore une fois avec ce conte pour adultes plein d’humanité et de tendresse. Une belle manière de lutter contre la morosité et le manque de vitamine D de cet hiver !