Couronné en 2012 par le National Book Award, le plus prestigieux prix littéraire de Etats-Unis et élu meilleur livre de l’année par les libraires américains, Dans le silence du vent explore la notion de justice dans une Amérique oubliée, celle des rites sacrés, du vent dans les grandes herbes des collines, des troupeaux de bisons et des esprits sacrés.
Louis Erdrich nous entraine au cœur d’une réserve indienne du Dakota, en pays Ojibwa. Joe, un adolescent indien de treize ans et fils du juge du tribunal tribal de la réserve, doit faire face au viol brutal de sa mère. Traumatisée, la jeune femme s’enferme dans un mutisme dépressif qui l’empêche de révéler le nom de son agresseur. Pour Joe, cet été marque la fin de l’innocence et de l’insouciance. Avec ses amis, il va se lancer sur les traces du criminel. Mais rien n’est simple dans la réserve et le garçon va se retrouver au milieu d’un conflit juridique entre amérindiens de la réserve et américains « du dehors ». Car les Indiens n’ont pas le droit de poursuivre en justice des non-Indiens qui commettent des délits sur leurs terres. Effarante loi qui condamne les Indiens à subir la violence des blancs sans pouvoir se défendre.
Dans ce livre à la fois poétique, drôle et tragique, Louise Erdrich parvient à faire revivre l’Amérique des années 1980, celle de la station service d'oncle Whitey et tante Sonja, des contes des origines de grand-père Mooshum. L’auteur ressuscite les fantômes qui se cachent dans la nuit, brouille les frontières entre profane et sacré, débusque des mythes cachés dans les profondeurs du quotidien. Et partage un cri de colère, la violence faite aux femmes. Car Erdrich le rappelle en postface : une femme amérindienne sur trois sera violée au cours de sa vie. Quatre-vingt six pour cent de ces viols sont commis par des hommes non-amérindiens. Peu d’entre eux sont punis.
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