Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Critiques de livres

Critiques de livres

Par Pauline-Gaïa Laburte


Dans le jardin de la bête – Erik Larson⎥ Note: 14/20

Publié par Pauline-Gaïa Laburte sur 3 Avril 2013, 23:51pm

Catégories : #documentaire, #grand prix des lectrices de elle

Dans le jardin de la bête – Erik Larson⎥ Note: 14/20

1933, Berlin au temps de la montée du régime nazi. William E. Dodd, un universitaire de Chicago, est nommé ambassadeur des Etats-Unis en Allemagne. Il emmène avec lui sa femme, son fils Bill, et sa flamboyante fille Martha, fascinée par les hordes de blonds officiers qu’Hitler rassemble autour de lui. D’abord enthousiasmée par l’idéologie du Parti, qui encourage le redressement du pays et la fierté du peuple allemand, la famille Dodd prend peu à peu la mesure de l’inhumanité du gouvernement nazi, de sa violence, de sa haine des Juifs et de son goût pour le sang. L’ambassadeur tente alors d’avertir Washington, qui fait la sourde oreille, bien plus préoccupé par le remboursement de la dette allemande que par la montée du fascisme en Europe.

Dans le jardin de la bête nous offre une vision intime de ces quelques années pendant lesquelles Hitler est passé du statut de Chancelier à celui de Führer déifié. Au fil des pages, le lecteur croise ainsi Franklin D. Roosevelt, Hermann Göring, Adolf Hitler, Ernst Röhm et bien d’autres figures historiques. Pour écrire cette somme, Erik Larson s’est basé sur des documents d’époque, des témoignages et des journaux – notamment ceux de William et Martha Dodd. Un travail de fourmi, qui fait la valeur de ce documentaire.

Malgré cet intérêt, la lecture reste ardue, en partie à cause des personnages eux-mêmes. En dépit de ses sentiments à l’égard du régime d’Hitler, Dodd n’a pas joué un rôle crucial dans les relations politiques de l’époque. C’est un homme sans grande poigne ou influence, ni en Allemagne, ni aux Etats-Unis, davantage intéressé par la rédaction de son Vieux Sud – l’œuvre de sa vie – que par le monde réel qui l’entoure. Sa fille, Martha, a peut-être plus de consistance, et ses aventures avec des dignitaires nazis et des espions russes donnent du piquant à l’histoire ; mais le père et la fille sont confinés à des seconds rôles, dans un texte qui n’a finalement pas de tête d’affiche. Ils ne sont que des prétextes qu'utilise Erik Larson pour raconter une autre histoire, celle d’une époque.

Autre problème : le temps très raccourci pendant lequel se déroule Dans le jardin de la bête, à peine deux ans. Conséquence, Larson s’enfonce dans des détails, des réflexions et des conversations qui finissent par se répéter, sans climax, car la situation n’a pas le temps d’évoluer. La couverture, citant Philip Kerr, annonce “un document sidérant qui se lit comme un thriller”. Sidérant, oui. Pour le suspense, on repassera.

Les droits cinématographiques de Dans le jardin de la bête ont été achetés par Tom Hanks. Une adaptation devrait être portée à l’écran par Michel Hazanavicius, avec Hanks dans le rôle de Dodd et Natalie Portman dans le rôle de sa fille Martha.

Lu dans le cadre du

Dans le jardin de la bête – Erik Larson⎥ Note: 14/20

Vous aimerez peut-être:

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents