LES JURÉES DU PRIX DES LECTRICES DE ELLE 2013 ONT ÉLU "L'ÉLIMINATION" DANS LA CATÉGORIE "DOCUMENTAIRE"
Rithy Panh a treize ans lorsque les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh, en 1975. S’ensuivent de longues années d’exil vers les campagnes, de famine, de tortures, d’humiliations et de déshumanisation, pour lui et pour tant d’autres. 1,7 millions d’hommes, de femmes et d’enfants n’en verront jamais la fin, victimes de ce régime assassin. L’auteur lui-même y perdra toute sa famille. Trente-cinq ans après, Rithy Panh revient sur les traces de son enfance fracassée et décide d’interroger l’un de ses bourreaux : Douch.
Il n’est jamais simple d’écrire sur les génocides. La tentation du sensationnalisme ou du sentimentalisme guette toujours les auteurs qui s’y frottent. Le cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh, qui a co-écrit L’élimination avec le romancier Christophe Bataille, ne tombe dans aucun de ces deux écueils. Malheureusement, il en résulte une certaine distance, un récit finalement impersonnel. Si l’on comprend que l’auteur ait cherché à mettre de la distance entre lui et l’histoire, pour se protéger, on est finalement déçu que Christophe Bataille, l’intermédiaire en quelque sorte, ait échoué à transmettre ce je ne sais quoi qui touche le lecteur, le bouleverse et le laisse changé.
L’histoire est terrible, le récit, nécessaire, le texte, assez brouillon.
L’élimination a reçu le prix Essai France-Télévisions et le prix Joseph Kessel, ainsi que le prix Livre et droit de l’Homme.
Lu dans le cadre du
