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Critiques de livres

Critiques de livres

Par Pauline-Gaïa Laburte


L'élimination - Rithy Panh & Christophe Bataille ⎥ Note: 11/20

Publié par Pauline-Gaïa sur 27 Août 2012, 19:06pm

Catégories : #Grand Prix des lectrices de Elle, #Documentaire, #Prix littéraires

L'élimination - Rithy Panh & Christophe Bataille ⎥ Note: 11/20

LES JURÉES DU PRIX DES LECTRICES DE ELLE 2013 ONT ÉLU "L'ÉLIMINATION" DANS LA CATÉGORIE "DOCUMENTAIRE"

Rithy Panh a treize ans lorsque les Khmers rouges entrent dans Phnom Penh, en 1975. S’ensuivent de longues années d’exil vers les campagnes, de famine, de tortures, d’humiliations et de déshumanisation, pour lui et pour tant d’autres. 1,7 millions d’hommes, de femmes et d’enfants n’en verront jamais la fin, victimes de ce régime assassin. L’auteur lui-même y perdra toute sa famille. Trente-cinq ans après, Rithy Panh revient sur les traces de son enfance fracassée et décide d’interroger l’un de ses bourreaux : Douch.

Il n’est jamais simple d’écrire sur les génocides. La tentation du sensationnalisme ou du sentimentalisme guette toujours les auteurs qui s’y frottent. Le cinéaste franco-cambodgien Rithy Panh, qui a co-écrit L’élimination avec le romancier Christophe Bataille, ne tombe dans aucun de ces deux écueils. Malheureusement, il en résulte une certaine distance, un récit finalement impersonnel. Si l’on comprend que l’auteur ait cherché à mettre de la distance entre lui et l’histoire, pour se protéger, on est finalement déçu que Christophe Bataille, l’intermédiaire en quelque sorte, ait échoué à transmettre ce je ne sais quoi qui touche le lecteur, le bouleverse et le laisse changé.

L’histoire est terrible, le récit, nécessaire, le texte, assez brouillon.

L’élimination a reçu le prix Essai France-Télévisions et le prix Joseph Kessel, ainsi que le prix Livre et droit de l’Homme.

Lu dans le cadre du

L'élimination - Rithy Panh & Christophe Bataille ⎥ Note: 11/20

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Laura 17/01/2013 12:35

Ce que vous qualifiez ici de "froideur" n'est pas le trait d'un homme seul mais plutôt celui de tout un peuple. Les khmers n'ont pas cet attrait du pathos et du misérabilisme. Ce sont des conteurs, ils vous exposent les faits. Le khmer se veut de garder la face, en toute circonstance. Leur culture et leur tradition font qu'ils ne s'épanchent pas naturellement sur leurs sentiments, ils n'ont pas le même rapport au passé et à l'histoire que nous-autres occidentaux. Ces notions sont importantes à prendre en compte pour tenter de comprendre le peuple khmer.
Si l'on est peu habitué à cette manière de raconter les choses qu'ils ont, le récit peut choquer tant il semble éloigné des évènements. N'attendez pas d'un khmer qu'il vous raconte son histoire avec des ressentis et des pleurs, les larmes sont en dernier recours.

constance 02/09/2012 22:58

beaucoup de lecteurs (dont moi) ont été gêné par cette distance, cette froideur, mais comme tu le dis, c'est peut-être une nécessité pour le témoin que de s'éloigner un peu de lui-même

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