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Critiques de livres

Critiques de livres

Par Pauline-Gaïa Laburte


Yeruldelgger - Ian Manook / 19/20

Publié par Pauline-Gaïa Laburte sur 22 Juin 2015, 20:57pm

Catégories : #policier, #prix litteraires

Yeruldelgger - Ian Manook / 19/20

La couverture est moche, l’écrivain, inconnu, le nom du personnage – Yeruldelgger Khaltar Guichyguinnkhen, imprononçable. Mais ne vous y trompez pas : le premier polar de Ian Manook n’a pas obtenu le prestigieux Prix SNCF, le Prix Quais du Polar et le Grand Prix des Lectrices Elle Policier 2014 pour rien ! Le roman nous offre une intrigue à tiroirs qui nous mène des yourtes blanches perdues dans l’immensité des steppes balayées par les vents de l’Asie centrale jusqu’aux égouts fétides de la grise Oulan-Bator avec sa triste architecture post-soviétique.
C’est au milieu de ce décor aux contrastes saisissants que l’inspecteur Yeruldelgger mène son enquête pour trouver les meurtriers d’une petite fille blonde dont le cadavre encore perché sur son tricycle rose vient d’être retrouvé dans la plaine. Une histoire qui n’est pas sans rappeler la sienne : cinq ans plus tôt, sa propre fille a été enlevée et assassinée pour l'obliger à abandonner une enquête sur la corruption liée au rachat des terres de la steppe mongole. Dans le même temps, l’inspecteur se retrouve avec trois Chinois émasculés et deux prostituées pendues sur les bras. Avec l'aide de la jeune et fougueuse inspectrice Oyun, de la légiste Solongo et de Gantulga, un gamin des rues bien dégourdi, le policier tente de démêler l’écheveau de ces crimes. Ces recherches vont le mener sur les traces d’improbables néo-nazis mongols conduisant leurs quads ronflants à travers la steppe comme autrefois les guerriers de Gengis Khan leurs chevaux.
Ian Manook nous offre un roman noir, à la fois terrien et aérien, mélange de progrès galopant, de mysticisme, de violence sauvage et de sérénité grandiose. Il prend le temps de s’arrêter sur les visages burinés par les vents d’Asie centrale, sur les richesses de ce pays coincé entre la Russie, la Chine et la Corée, sur ses rapports avec le lointain Occident. Un scénario complexe et travaillé, des dialogues qui claquent, une écriture rugueuse. Il y avait la Suède de Mankell, l’Islande d’Indridason, l’Ecosse de Rankin, il y a désormais la Mongolie de Ian Manook

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